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dimanche 9 mars 2008

Big is beautiful

Les difficultés de circulation en hiver à Montréal.

L’adage selon lequel « trop n’est jamais assez » correspond bien à la vie québécoise : vous commandez une pizza 18’, on vous livre un truc énorme que vous pouvez à peine finir tellement c’est gros (car vous avez oublié qu’ici, même les pizzas se mesurent en pouces)… Quand il neige c’est pareil : d’énormes flocons s’abattent sur la ville et vont se nicher dans chaque recoin sous votre œil ébahi quand vous découvrez que vous ne voyez plus la rue par la fenêtre, la rue ayant été remplacée par un truc blanc qui colle à la vitre et qui s’engouffre chez vous quand vous avez le malheur d’ouvrir la fenêtre (si, si, juste pour voir ! J’la referme juste après !). Même chose avec la porte qui donne sur le balcon, à la seule différence qu’une fois ouverte, vous ne pouvez plus la refermer car elle est bloquée par la neige qui s’est engouffrée dans la salle de bain quand vous avez ouvert la porte (eh oui, la salle de bain donne sur le balcon ! D’ailleurs, cela permet de se jeter dans un bain de neige avant de se plonger dans la baignoire remplie d’eau à 37 degrés, à la mode nordique).

À part ces réjouissances neigistiques (si vous lisez ce texte dans un traitement de textes doté d’un correcteur orthographique et que le mot précédent est souligné en rouge, c’est normal : il n’existe pas), quoi de neuf sur la planète Québec ? Beaucoup de travail (relisez l’adage cité plus haut), beaucoup de pollution (au risque de lasser, j’insiste : dégager une voiture (grosse, bien sûr !) en patinant pendant vingt minutes sur la neige, ça rejette des tonnes de gaz d’échappement et non seulement ça pue, mais en plus les piétons qui passent à proximité sont littéralement gazés), bref, beaucoup de beaucoup… Mais on s’y habitue, et on finit même par être gagné par un sentiment d’euphorie (quand je dis « on », lisez « je ») en marchant dans la tempête, les yeux fermés (car le grésil, ça pique !), le corps penché en avant, essayant désespérément de rattraper le temps perdu dans le bus qui ne pouvait plus avancer dans la tempête, ah, oui, ça aussi, ça vaut le détour : vous êtes tranquillement installé sur votre siège après vous être valeureusement battu contre les éléments en furie, vous observez délicieusement le spectacle des piétons pris dans le tourbillon incessant (quand je dis « vous », lisez « je », mais faites tous les accords de verbes nécessaires après), quand, tout à coup, le bus se met à patiner, il ne peut plus décoller de l’arrêt où il s’est engagé pour prendre des passagers.

Le chauffeur démarre, recule, redémarre, les roues patinent, il part sur le côté, se met en travers de la route, bloque la circulation, recommence à patiner, recule… Au bout de 2 minutes environ (temps approximatif durant lequel la patience d’un automobiliste montréalais tient le coup), le 4 X 4 (énorme, comme il se doit) qui ruait derrière le bus s’élance sur le monticule de neige qui délimite la route pour nous dépasser, nous, pauvres transportés en commun, qui avons abandonné (et donné) nos voitures, espérant ainsi contribuer au mieux-être de la planète… Bref, le 4 X 4 écumant nous ayant dépassé, certains copassagers descendent du bus et continuent à pied, mais j’ai encore bien 7 kilomètres à faire, moi ! Alors j’attends… On continue de patiner, quelqu’un va discuter avec le chauffeur (valeureux chauffeur !), d’autres se mettent à rire à chaque dérapage, bref, tout va bien, on est au chaud… Après environ 15 minutes de ce manège, le chauffeur décroche sa radio et baragouine quelque chose que je n’entends pas du fond du bus. Les gens s’agitent, regardent vers l’arrière. Je me retourne : un autre bus arrive, le bus suivant, en fait, celui que je ne voulais pas prendre car j’aurais été en retard si je l’avais pris… C’est lui qui vient nous sauver ; nous remercions le chauffeur (coutume locale très répandue), escaladons le monticule de neige qui nous sépare du trottoir, courons jusqu’à l’autre bus, escaladons le monticule de neige qui nous sépare de la première marche du bus, et, hop ! C’est reparti !

Du moins, c’est ce que je me dis, évaluant déjà le retard avec lequel je vais arriver à la fac… Que nenni ! Point de démarrage ! Le bus sauveur se place lentement derrière le bus patineur, jusqu’à ce que les deux pare-chocs se trouvent l’un contre l’autre, puis il avance, doucement, poussant l’autre bus presque avec tendresse pour l’aider à se sortir de l’ornière de neige dans laquelle il est pris, c’est presque émouvant, ce sauvetage de bus en détresse ! Nous ne parviendrons pas à le sortir entièrement de ce mauvais pas, mais tout de même à le faire avancer un peu… Cette tentative de sauvetage terminée, certains applaudissent dans le bus, décidément c’est la fête, plus que quelques kilomètres et je serai à bon port, même si en sortant du bus je ne distingue plus le trottoir de la route tellement tout est blanc, même si les escaliers que je dois grimper dehors se sont transformés en une pente abrupte de neige où l’on ne distingue plus une seule marche (eh, mais j’ai pas pris mes skis, moi !), et même si je suis la seule à me démener contre les éléments… Donc, si on résume : beaucoup de travail, un froid de gueux (jusqu’à moins 26 !), des tempêtes de neige en veux-tu en voilà, des gazages à tout va… Ah, mais ça me rappelle quelque chose ! Vous savez, ces camps de travail du côté de la Sibérie [1]… Bon, c’est vrai, ils n’avaient pas les énormes pizzas, et peut-être pas non plus les écureuils qui font qwirk qwirk dans les arbres, mais à part ça, on s’y croirait !

par Myriam

Notes

[1] Je fais ici un amalgame entre les camps soviétiques et les camps allemands, mais tout ceci n’est évidemment pas à prendre au sérieux, c’est pourquoi je me permets de prendre des libertés avec la réalité historique

P.-S.

Cliquez sur la photo pour voir le film !

Écureuils volants IMG/flv/cureuils.flv
The fight of the flying squirrels

Photos

Folle ambiance à Sainte-Hélène ! L'île St-Hélène, au sud de Montréal L'homme de Calder Montréal Montréal L'île St-Hélène Bato rouge Tout en haut, le mont royal Le centre ville Les ponts sur le Saint-Laurent À vous de voir... Idem... La déneigeuse locale Les (quelques) couleurs de l'hiver Le Bar du Centre à l'heure de pointe Moi j'me casse, sont pas fréquentables ces volatiles Biosphère (site touristique) Photo conceptuelle Libérez les arbres ! Miam miam Qwirk qwirk L'entrée du parc La Fontaine Statues qui s'engueulent La luge... Parc La Fontaine Dur, dur la remontée Parc La Fontaine Il est toujours interdit de nager dans la neige ! Parc La Fontaine Un petit banc bienvenu ! Stalag quand tu nous tite Bébés sapins Il est interdit de jouer au hockey avec les chiens Fond d'écran Patineurs patinant dans les arbres Parc La Fontaine Attention, ils arrivent ! Le père Noël ! Danger : neige Slush ! Crêperie La neige s'accumule à la fenêtre Voiture blanche blanchie Photo conceptuelle n°2

Diaporama

 

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La déneigeuse locale

 

Forum

1 Message

  • Big is beautiful 7 juin 2008 17:22

    Moi j’ai bien aimé le banc évidemment je les adore ZabdeToul