TéléchargementsPlan du siteHistorique des modificationsTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'Océanique sans jamais oser le demander...Liens sur le WEBContactsMention légale

1377 visites, popularité : 100

Publication le 2003-04-11 19:00:00

Mis à jour le 2011-02-10 15:42:29

Monde et altermondialisme

La leçon irakienne...

Articles sur le même sujet :

11 avril 2003

Ce que nous avons vu ces derniers mois est atterrant à plus d’un titre.

Il est atterrant de voir comment les arguments ont changés. D’une réaction face à la menace immédiate ont est passé à la bonne action pour promouvoir la démocratie. La menace s’est évanouie, on ne la pas vue. Mais peu importe. On aurait pu espérer que cet évanouissement fasse apparaître les motifs réels, mais non : personne ne se pose la question.

Il est atterrant de voir le peuple américain se réjouir. Ils sont contents, ils sont de nouveau les maîtres du monde. Ce qui est atterrant n’est pas, en soi, qu’ils se réjouissent, c’est qu’on a réussi à leur faire croire que cette guerre était juste. Un américain sur deux pense que Saddam Hussein était directement impliqué dans les attentats du 11 septembre. Ce sentiment transparaît dans les médias, et même en France on ne relève plus son absurdité. Avez-vous vu cette séquence sur le télés françaises : une irakienne se lamente à coté d’un char américain, dans Bagdad ; Un G.I. lui répond en hurlant : "et toi, ou étais tu le 11 septembre ?". Probablement chez elle ou dans sa vie courante, comme tout le monde, à 99.99 chances sur 100, déjà que les rapports entre Saddam et Al Qaeda sont très hypothétiques, vous imaginez les chances qu’une bagdadi prise au hasard puisse être lié à cette horreur… Un peu plus tard, le maire de New York organise une cérémonie pour la victoire à Bagdad sur les ruines des tours jumelles, il propose même de refondre le métal des statues de Saddam déboulonnées dans les fondations de ce qui remplacera le World Trade Center. Là, la contre vérité devient institutionnelle, elle est confortée par les évènements officiel. Comment sont-ils arrivés, dans un pays pourtant réputé pour sa liberté, à faire croire à tout un peuple qu’en attaquant l’Irak ils sauvait leur pays et le monde ? Les américains ont grandi dans le phantasme du meilleur des mondes, alors qu’un français vit tiraillé entre le modèle américain et la tradition française. Depuis la guerre froide ils sont convaincus de vivre dans le meilleur système, et surtout d’être enviés par l’ensemble de la planète. Cela donne une confiance énorme. "Nous sommes les meilleurs, tout ce que nous faisons est le meilleur". Le 11 Septembre les états-unis se sont rendus compte que ce n’était peut-être pas vrai. Il y a des gens, ailleurs, qui ne les aime pas ! L’administration Bush a surfé sur cette vague d’angoisse. Ils ont monté une campagne de communication pour faire le lien entre Al Qaeda et Saddam Hussein. Et ils sont partis casser la gueule à Saddam Hussein. Certes tout est hypothétique, des voix auraient pu faire douter les américains. Mais les humains croient surtout à ce qui leur fait du bien. Et ça a fait un bien fou au peuple américain de croire qu’il s’était enfin vengé, que le crime ne restera pas impuni, parce qu’ils sont toujours les plus forts. Ils y ont cru parce que ça leur faisait plus de bien d’y croire que de douter. Comme l’opinion publique est malléable ! Moi-même qui écris ces mots suis-je maître de ma pensée ? J’ai tiré toutes mes informations des médias. Qu’est-ce que je ne sais pas ? C’est effectivement atterrant de voir que la démocratie est totalement utopique tant que ces manipulations seront possibles !

Il est atterrant finalement de voir qu’après la conquête spatiale, après tant de penseur, tant de poètes, tant de scientifiques, le monde est encore livré à la loi du plus fort. Pire même que la loi du plus fort : l’expédition punitive ! La technologie avance, nos connaissances avancent… mais les hommes n’ont pas changés. Nous sommes toujours aussi brutaux que nos ancêtres d’il y a 3000 ans. Sauf que maintenant nous sommes un peu à l’étroit sur notre planète. La mondialisation est là, inévitable, pas la mondialisation économique, le simple fait que nous avons conscience d’être une humanité sur la terre. J’imaginais l’avenir comme un mélange de toutes les cultures, comme la mise en commun des connaissances… Maintenant je vois plus se profiler une mondialisation par l’écrasement, par la conquête de territoire. Aujourd’hui le pétrole, demain l’eau… et toujours la religion… les motifs de guerre ne vont pas manquer !

Ce qui me rassure un peu c’est que l’administration Bush a commis une grosse erreur au niveau mondial : convaincus que les états unis sont le centre du monde ils ont manipulé leur population, mais le reste du monde n’a pas subi cette manipulation. En ce moment la position des anti-guerre est mitigée : il est difficile de critiquer une guerre au moment même où le peuple est effectivement libéré. Dans quelques temps on y verra plus clair.

Ce qui me rempli d’espoir c’est que tous ces malheurs révèlent les rouages du monde dans lequel nous vivons. J’espère que cela nous mènera jusqu’à une prise de conscience qui pourrait enfin nous permettre de construire un monde plus… humain tout simplement.

Guillaume

P.-S.

Cet article a d’abord été publié par l’auteur dans les forums du site http://www.humains-associes.org le 11/04/2003.

1 Message

  • La leçon irakienne... 23 décembre 2006 18:55, par étienne de Lille

    Je passe sur ce site longtemps après la publication de l’article…

    Et oui, effectivement, avec le recul tout cela est réellement attérant : non seulement les arguments avancés n’étaient pas réels, mais en plus, contrairement à ce que tout le monde a pensé juste à la "fin" de la guerre, ça n’a rien arrangé.