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dimanche 8 avril 2007

Des tongs et du Tang...

Quatrième journée dans les Australes, sous le ciel de Tubuaï, toujours aussi ensoleillé… Nous n’avions pas prévu que nous serions ici à Pâques : les trois ou quatre épiceries de l’île, ainsi que la poste, sont fermées vendredi et lundi. Nous avons donc pu nous ravitailler samedi, mais la poste, elle, était fermée ce jour-là aussi, alors tant pis… Nous n’avons pas pu non plus louer de vélos, le magasin qui s’en occupe étant fermé de vendredi à lundi… Il n’y a aucun autre moyen de transport sur l’île, nous devons donc nous déplacer à pied sous le cagnard.

Ce matin comme tous les matins, nous avons été réveillés par le chant du coq – vers 5 heures et demie – qui s’égosille environ pendant une heure avant de s’arrêter. Ceci dit, nous avons de la chance, les nombreux coqs de l’île se répondent pendant une heure, mais certains ne s’arrêtent pas de la journée, alors que le nôtre est comme un réveil qui sonne pendant une heure sans que vous puissiez l’arrêter… Et après vous pouvez vous rendormir ! Ouf ! Ce matin, nous avons aussi eu la chance de trouver du « vrai » jus d’orange sur la table du petit déjeuner (c’est-à-dire du jus en brique, à base de purée d’oranges…), à la place du Tang habituel… Ce miracle est dû non aux cloches qui nous auraient rapporté du jus d’orange à la place des oeufs, mais au passage du Tuhapae (prononcer « Touapé »), navire qui passe environ deux fois par mois pour ravitailler les îles.

Inutile en revanche de chercher un bar, il n’y en a pas, et l’unique resto de l’île se trouve trop loin de notre hébergement… Pas de ciné, bien sûr, ni de pharmacie, d’ailleurs, et les téléphones portables marchent… de temps en temps. Bon, j’exagère : il y a bien une roulotte qui vend des boissons alcoolisées, mais elle n’est pas ouverte tout le temps.

Ici, la distraction principale, c’est la plage. Bon, elle est grignotée par la mer au fil du temps, mais on y remédie : construction d’un muret le long de la plage du Tavana suite au raz-de-marée de 1995 qui a détruit plusieurs maisons et fait une victime (un chien, attaché devant une maison qui a été inondée…), mise en place de barrages à l’aide de rochers placés le long de la plage, ce qui fait qu’il n’y a plus beaucoup de sable pour s’asseoir, par endroits.

Si vous faites le tour de l’île (après tout elle ne fait que 27 km, c’est faisable à pied, si vous prévoyez de la crème solaire et n’êtes pas sujet aux insolations), vous remarquerez de nombreuses maisons abandonnées, sans fenêtres ni toiture, envahies par la végétation. Ce sont des habitations qui ont été ravagées par des cyclones ou des raz-de-marée. Leurs occupants ont obtenu de l’argent pour en construire une nouvelle, mais l’ancienne doit rester debout, mais alors là on ne sait pas bien pourquoi… Peut-être les assureurs veulent-ils venir constater par eux-mêmes les dégâts, mais mettent des années avant de se décider à venir ? Ou bien on pourrait imaginer une loi qui aurait décrété que « toute construction à usage d’habitation rendue impropre à son usage suite à une catastrophe naturelle telle que : inondation, raz-de-marée, tremblement de terre, tsunami, séisme, chute de météorite ou autre objet non identifié, ne doit être détruite en vertu de la loi sur le respect du travail des maçons, des couvreurs, des vitriers et des charpentiers. » Bref, tout cela reste obscur. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les poteaux électriques sont détruits… par les termites ! Les poteaux en bois sont donc remplacés progressivement par des poteaux métalliques, certes moins esthétiques, mais ceux-là, à part la rouille, rien ne les attaquera !

Ce qui ne manquera pas de vous frapper également, c’est le nombre d’églises et de temples : Ici, presque toutes les confessions sont représentées, ce qui donne environ dix édifices religieux sur l’île, et pas des moindres ! C’est vrai qu’ici, il vaut mieux croire en dieu, sinon que reste-t-il ?!

Ne vous étonnez pas que certains automobilistes lèvent la main au passage en vous voyant : c’est un geste pour dire bonjour, il faut simplement répondre de même… Pour ce qui est des codes, ne vous trompez pas si l’on vous offre un hibiscus à mettre à l’oreille : à gauche, cela signifie « coeur pris », à droite, « coeur à prendre »… Quant à la main qu’on lève pour dire bonjour, les autochtones lèvent la main droite, alors, dans le doute, levez aussi la droite, peut-être que lever la gauche signifie autre chose, une insulte du genre « ta mère sans tuba au fond du lagon ! » ?!

Finalement, si l’on aime les soirées où il n’y a rien à faire, les journées où il vaut mieux ne pas faire grand chose au risque de se retrouver en nage, les nuits qui finissent à cinq heures du matin et les matinées qui commencent avec un bon verre de Tang au petit déjeuner, on se dit qu’il vaut mieux vite profiter de Tubuaï avant que l’île ne soit engloutie par la montée des eaux, dans quelques années… et un coq au vin pour le dîner, ça vous dit ?!

par Myriam

Photos

Une maison détruite Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le Taïtaa embrumé Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Les "poireaux" Le Taïta Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le "nouveau" quai Le "nouveau" quai Le "nouveau" quai Une maison à l'abandon L'ancienne pompe à essence Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï La brousse et la montagne Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï Le lagon de Tubuaï

Carte

Diaporama

 

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Le lagon de Tubuaï